Terroirs et modernité
à la table des Mariannes

Saveurs de France-Saveurs d’Europe réunit des cuisiniers, certains illustres, des restaurateurs, des professionnels de l’hôtellerie, de l’agro-alimentaire et du tourisme, des viticulteurs, des créatifs "arts de la table".

Une "amicale" toutes générations. Toutes régions. De France et des pays proches.

Les Français sont majoritaires "historiquement". Lancée à Paris en 1995 et présente au Salon de l’Agriculture dès 1996, l’Association s’est manifestée au SIRHA (Lyon) et enracinée dans diverses régions : l’Alsace, le Bordelais, le Pays basque et le Béarn, Rhône-Alpes, la Champagne auboise. Elle a ensuite essaimé dans l’Europe proche : Pays de Bade / Forêt-Noire (2002, 2007), Basse-Autriche / Vienne (2003), Pays basque ibérique (2004), Valais et Val d’Aoste (2008).

Épris de leur pays, natal ou d'adoption, tous liés à l’univers de la table, les membres et lauréats de l’association ont en commun l’attachement au “terroir”, aux spécificités locales. En toute modernité : la Marianne-effigie de l’amicale savoure les vieilles recettes, mais ne s’attable pas dans la monotonie conservatrice.

Voir statuts.

M. Haerbelin-R. Lasserre-J-L. Leimbacher
René Lasserre, Marc Haeberlin, Jean-Louis Leimbacher.
À Illhaeusern, avant la proclamation des Mariannes 2002 (Colmar, Freiburg im Breisgau).René Lasserre, chez qui Marc Haeberlin travailla à sa sortie de l’école hôtelière, avant de retrouver l’auberge familiale, fut un grand ami de Saveurs de France. Ce Parisien célèbre profondément "du Sud-Ouest" participa à de nombreuses rencontres jusqu'à l'année précédant sa disparition, à 93 ans. Jean-Louis Leimbacher, l'un de ses amis, membre du Conseil d’administration de "Saveurs", en entré dans l’histoire de Biarritz en ressuscitant l'Hôtel du Palais. Alsacien amoureux du Pays basque, il est tenu pour un grand pro par ses pairs.

Jacques-Louis Delpal présente l'assiette-trophée de "Saveurs". Auteur illustrateur d’une cinquantaine de livres touchant au régionalisme, à la viticulture et à la gastronomie, ainsi que de guides sur Paris, il avait écrit un ouvrage sur les produits et traditions culinaires de France longtemps avant de songer à la création de l'association. Il en eut l’idée avec des amis journalistes et restaurateurs, originellement réunis chez Tan Dinh, le plus parisien des restaurants vietnamiens, puis la développa avec Dominique Lemelle, alors tout jeune chef d’entreprise.
Jacques-Louis Delpal présente l'assiette-trophée

 

Sans conformisme

 

Les Mariannes, diplômes de l’association, vont à des professionnels d’horizons divers aux clientèles diverses. De réputation internationale ou inconnus loin de leur paroisse, les lauréats témoignent d’un patriotisme souriant dépourvu de chauvinisme.

Producteurs, élaborateurs et cuisiniers dans leur majorité, ils valorisent les spécificités locales et perpétuent ou font évoluer des recettes traditionnelles. Sans se laisser paralyser par l’habitude, certains ont métamorphosé des établissements devenus symboles d’une ville, d’une région. Tous aiment leur pays d’implantation et aiment la faire connaître. Tous lui font apport.

Pour "Saveurs", traditionalisme et conformisme ne riment pas.

Le respect des savoir-faire anciens et des grands classiques va de pair avec la curiosité, la volonté de rénovation, l’inventivité. L’amicale apprécie la "défense du patrimoine", mais applaudit volontiers les cuisiniers trouvant des inspirations loin de leur pré carré, les passionnés de nouvelles technologies, les industriels jouant la qualité.

L’amicale – ne prétendant pas là à découverte ! - a rendu hommage à de grands aînés. Parmi eux comptèrent particulièrement René Lasserre, membre chaleureux, bon vivant, et Claude Terrail, qui honora plusieurs manifestations. Des personnages bien différents, à l’instar des lauréats connus et moins connus salués depuis 1996.

Entre autres ...

 

Compagnons… Copains…

 

Les bases de l'association furent établies fin 1994 par Jacques-Louis Delpal et un petit groupe d'amis (Robert Vifian, Dominique Lemelle, Serge Martin, fédérateur trop tôt disparu).

Marc Beyer, Eugène Schaeffer, Kazuko Masui, Pierre Bonte, Françoise Petrucci — qui accueille le siège de l’association à L’Ambassade d’Auvergne —, Michel Piot, Anne Hudson, Jean-Louis Leimbacher, Marc Meneau, Émile Jung, Robert Husser, Marc Haeberlin et Claude Moscheni les ont rejoints lors de la période fondatrice, certains après l’obtention d’une Marianne.

Quelques uns font partie du Conseil d’administration et du Bureau.

Les autres, fidèles compagnons de route, donnent volontiers un coup de main en compagnie d’adhérents plus récents (les amis de la Haute-Bruche, la famille Isabal, François Barat, Bruno Toutain, Robert Chaffanjon).

Faut-il rappeler que compagnons est le mot doublet de copain, étymologiquement : “qui partage le pain” ?

 

Saveurs sans frontières

 

Saveurs de France-Saveurs d’Europe, son nom l’annonce, ne bataille pas contre la “mondialisation” : ses membres en regrettent les banalisations, mais savourent les échanges. Plusieurs, d’ailleurs, y participent activement dans le cadre d’activités professionnelles aux USA, en Russie, au Japon, en Chine, à Singapour, en Australie, dans les Émirats !

Les fondateurs de l’amicale, c’est symbolique, s’étaient originellement réunis dans un restaurant vietnamien… très parisien, Tan Dinh. La maison de Léon Vifian, l’un des premiers membres du Conseil d’administration, et de ses fils, Robert et Freddy, connus pour leur expertise en vins.

Dominique Lemelle, Serge Martin (un responsable de l’institut agricole Acta) et Jacques-Louis Delpal y établirent en 1994-1995 les statuts qui ont été actualisés au début de ce millénaire. Le journaliste argentin Oscar Caballero et Kazuko Masui, Japonaise auteur d’un livre sur les fromages de France, furent du groupe initial.

L’association a décerné des Mariannes aux Vifian, hôtes et compagnons de la première heure, pour leur carte des vins et leur parisianisme intelligent, aux frères Mavrommatis, qui firent découvrir une cuisine grecque inspirée alors que les restaurants grecs de la capitale étaient calamiteux, à Jean-Jacques Guillot, Champenois longtemps cuisinier, puis directeur d’obédience nordique du Copenhague et du Flora Danica, à Alain Ducasse, honoré lors de la relance d’Il Cortile et de la création du Spoon.

La Marianne ornant les diplômes est officiellement “européenne” depuis 2002. C'est au Konzerthaus de Freiburg im Breisgau, en Forêt-Noire, que l'Amicale fut proclamée européenne (Saveurs de France devenant statutairement Saveurs de France-Saveurs d’Europe).

Des Allemands, des Autrichiens, des Belges, des Luxembourgeois, des Espagnols et des Italiens demandèrent, sans s’être concertés, que l'association gardât sa Marianne gourmande comme effigie. Le voeu fut volontiers exaucé : le nom se prononce facilement, à quelques intonations près, dans toutes les langues d’Europe (et d’ailleurs… mais les statuts, sans l’interdire, ne prévoient pas de plus ample internationalisation !).

Pour en savoir plus sur les Mariannes : Qu’est-ce ?

Costa Gavras
Costa Gavras, au Salon de l'Agriculture. Le réalisateur de Compartiment tueurs, de Z, de l'Aveu et du Couperet photographie ses amis grecs Mavrommatis, lauréats grecs très parisiens. Cela se passait en 1998, année grand cru "Saveurs" : les Haeberlin, Claude Terrail, Monique et Émile Jung, entre autres, furent aussi lauréats cette année-là.

Andreas et Evagoras Mavrommatis, également traiteurs, se sont fait connaître avec le restaurant Mavrommatis, maintenant institution parisienne célébrée par tous les guides, et Les Délices d'Aphrodite. Ils ont aussi créé, en famille, Cristina’s tapas et Le Laurier. Andreas Mavrommatis, le cuisinier, est l’auteur des Délices d’Aphrodite (éditions Filipacchi), bel ouvrage culinaire préfacé par Georges Moustaki.
Andreas et Evagoras Mavrommatis

Marc Haeberlin et Willi Bründelmayer
Marc Haeberlin dans le salon d'honneur de l'ambassade de France à Vienne, lors d’une des plus belles manifestations de "Saveurs". Membre du Conseil d’administration de l’association, il coprésida la première remise de diplômes faite en Autriche. Une Marianne fut alors décernée à Willi Bründelmayer, excellent viticulteur autrichien établi dans le Kamptal (2003).

 

Mémo des rencontres

 

Depuis le printemps 1995, Saveurs de France Saveurs d’Europe remet ses Mariannes lors de manifestations amicales et festives. Une ou deux par an, entre lesquelles s’intercalent parfois des réunions informelles.

Elles se sont déroulées à Paris (Salon de l’Agriculture, Musée Carnavalet, Sénat), à Strasbourg, à Troyes et à Eaux-Puiseaux, à Pau et à Laàs, à Lyon (Sirha, Château Perrache), à Vouvray, dans la Haute-Bruche, à Colmar, à Freiburg (Konzerthaus, Plaza Culinaria) et en Forêt-Noire, à Bordeaux, à Vienne et au château de la Schallaburg, en Autriche, au Pays Basque nord et sud (Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Ainhoa, Saint-Sébastien, Txakoli).

Chamonix et Martigny, en Valais, ont été "programmés" en 2008, année, par ailleurs, du retour à Troyes et en Champagne auboise.

L'ampleur de ces rencontres, aux conséquentes retombées, génératrices de contacts durables, n'a jamais contrarié la convivialité de l’amicale, dont les responsables œuvrent tous en total bénévolat.

L’association s’appuie parfois sur de solides partenaires, notamment "institutionnels", cela sans renvois d’ascenseur ambigus. Pour l’essentiel, cependant, elle existe grâce aux cotisations d’adhérents, à la générosité en temps et financière de plusieurs de ses fidèles.

Prochaines rencontres, projets de manifestations, voir : Agenda.

Charles Hours
Charles Hours, excellent viticulteur, a été un grand artisan du renouveau dont a bénéficié le jurançon (Clos Uroulat). Ce personnage béarnais reçut sa Marianne lors de la rencontre 2000, qui se déroula au château de Laas et au palais des congrès de Pau, tout juste inauguré. Ce fut l'une des premières manifestations de grande ampleur organisées hors Paris par l'Association. Elle dut beaucoup à l’ancien ministre et maire de Pau André Labarrère. Qui monta en scène de façon inattendue.

Bernard Antony, qui affine ses fromages à Vieux-Ferrette, dans le sud de l’Alsace, reçut sa Marianne en 2003 au château de la Schallaburg. La manifestation, qui rallia de nombreux Alsaciens et une forte délégation de l'association en Autriche, avait été organisée à l'initiative de Jean Klinkert (directeur de l’ADT du Haut-Rhin, responsable de la transfrontalière Route Verte). Pierre Bonte est souvent le porte-parole et le maître de cérémonie de "Saveurs".
Bernard Antony et Pierre Bonte