Marianne met le couvert

Si elle rend volontiers hommage à de célèbres figures du panthéon culinaire et de l’aristocratie gastronomique, en France et, pour le moment, dans les pays d’Europe proches, l’Association a surtout pour vocation de signaler le talent et la ténacité de responsables d’affaires familiales et d’entreprises plus ou moins récentes, « achalandées grand public ». Éventuellement méconnues.

Il s’agit le plus souvent de restaurateurs et hôteliers indépendants, ne donnant pas spécialement dans le luxe, d’artisans dont la clientèle est limitée à un périmètre relativement restreint, de producteurs valorisant un terroir dans lequel ils sont fortement enracinés. Les hôteliers affirmant une personnalité "gourmande" dans le cadre de marques (chaînes diverses) et les industriels aux technologies de pointe peuvent apparaître au palmarès "Saveurs" dans la mesure où ils échappent à la banalisation.

Les coups de chapeau décidés par les responsables de l’association, de concert avec de bons connaisseurs locaux, sont concrétisés par la remise de diplômes dénommés Mariannes et d’assiettes-trophées illustrées d’une Marianne aimablement dénudée. Voir Statuts.

Les diplômes, obligatoirement datés et nominatifs, peuvent être renouvelés et actualisés tous les cinq ans, sur proposition du Bureau de l’association ou de membres actifs. L’assiette est gracieusement offerte aux lauréats.

La Marianne gourmande effigie de l’Association a été imaginée, et un rien dénudée, par Vavro, c’est-à-dire par Alain et Dominique Vavro.

Ces graphistes-designers-décorateurs de haut niveau, basés à Collonges-au-Mont d’Or, près de leur ami Bocuse, passent allègrement de leur table à dessin à celles des restaurants, dont ils illustrent les cartes, colorent les assiettes et, parfois, les murs.

La silhouette avenante de leur Marianne s’impose sur les diplômes et orne l’assiette-trophée remise aux lauréats.

Assiette Marianne au mur

Cette assiette est rééditée chaque année par Villeroy & Boch. Cela, naguère, grâce à la complicité amicale d'Alain Billon, toujours membre actif de l’association, et maintenant de Mikaël Fouquet. Celui-ci est directeur de la division Hôtels et Restaurants de la grande entreprise mondialement réputée.

La présence de cette assiette et celle du diplôme, dans un restaurant, dans un atelier ou un “labo”, atteste que l’établissement sort de l’ordinaire et a de fortes attaches locales.

Pourquoi la dénomination "Marianne",
alors que l’association dépasse les frontières de la France ?

L’idée de la Marianne vint à Jacques-Louis Delpal à la suite d’une rencontre avec son ami Pierre Bonte, l’un des fondateurs de l’association.

Ce dernier, dont tout Français sait qu’il fut rendu célèbre par l’émission vedette Bonjour, Monsieur le maire, bien avant sa collaboration avec Jacques Martin, collectionna longtemps les bustes et effigies de la républicaine Marianne (quelques unes des plus belles pièces se voient maintenant au Sénat).

Les responsables de l’amicale cherchaient un intitulé pour le diplôme. Il sembla que Marianne sonnait aussi bien que Cesar, Victoire ou Oscar… Puis le nom plut aux amis étrangers de l’association, qui le prononçaient facilement chacun dans sa langue.

Alain Vavro et Paul Bocuse. Alain Vavro œuvre avec Dominique, son épouse, connue à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Qui dit Vavro (leur signature commune, sans prénoms), pense graphistes de haut vol et de hautes couleurs, originaux, joyeusement percutants. Très liés à Paul Bocuse, avec qui ils voisinent à Collonges, ils en sont les imagiers. Comme ils sont les stylistes-illustrateurs-décorateurs-designers-relookeurs de Jean-Paul Lacombe, de Michel Rostang, de Bernachon, des éditions Glénat… et de Vavro & Co (la cave tenue par leur fils Blaise, à Lyon). Connus aux États-Unis comme au Japon, adoptés dans les Émirats Arabes Unis, ils sont notamment connus par les étiquettes pimpantes et allègrement contemporaines des vins de Georges Dubœuf.
Paul Bocuse et Alain Vavro

Alain Billon devant affiche stand du Sirha
Alain Billon. Ami de grands restaurateurs, familier des meilleures tables et des salons professionnels, Alain Billon fut longtemps l’ambassadeur de Villeroy & Boch. Il a conduit de nombreuses opérations avec les Vavro, qui créèrent des lignes de vaisselle pour l’entreprise, implantée à Mettlach, au Luxembourg. Ils ont eu ensemble l’idée de l’assiette-trophée. Amateur de rugby fidèle à Bourgoin-Jallieu et au CSBJ, Alain Billon est devenu, au fil des années, un pilier de Saveurs de France-Saveurs d’Europe. Il a été personnellement honoré d’un diplôme au titre des “Arts de la table”, co-signé par les plus grands noms de la restauration. Il a donc eu droit… à l’une des assiettes Mariannes éditées grâce à lui. Juste retour des choses.

Michaël Fouquet. Aujourd’hui responsable des relations avec les hôteliers et restaurateurs français (Alain Billon lui a transmis le flambeau), Michaël Fouquet est entré chez Villeroy & Boch au début de ce jeune siècle. Avec un solide bagage pro : de formation hôtelière, il fut pendant une dizaine d’années collaborateur du groupe Accor. La vaisselle Villeroy, normée ou non, est présente chez Paul Bocuse, Guy Savoy et bien des chefs de renom, toutes générations confondues (chez l’entreprenant Gilles Choukroun, par exemple), dans nombre d’établissements de bon niveau à large clientèle. Passionné de golf, Michaël Fouquet a matérialisé en 2008 le projet d’un trophée Villeroy & Boch, à Chevannes, en Essonne.
Michaël Fouquet